Introduction
Chassés du trône d’Angleterre par la « Glorieuse Révolution » de 1688-89 (voir article correspondant), les Stuart n’en ont pas moins essayé à plusieurs reprises de retrouver leur pouvoir, et ce dès 1689, tentative alors appuyée par la France et dont il avait été question précédemment. Cette fois-ci, nous avancerons un peu dans la chronologie pour revenir sur l’essai presque couronné de succès de Charles-Édouard Stuart, dit « Bonnie prince Charlie » (1720-1788). Il met en lumière la façon dont la Grande-Bretagne puis le Royaume-Uni se sont construits et permet de revenir sur un épisode majeur de leur histoire, dont les traces se voient encore dans le monde d’aujourd’hui.
I) Des prétentions au départ : 1744-45
A) Un jeune prince né en exil
Le personnage dont on va parler a laissé une trace indélébile dans l’histoire et la mémoire de l’Écosse. On se souvient de lui comme du « bon », du « gentil » prince Charlie (Bonnie prince Charlie). Il a fait l’objet de nombreuses œuvres littéraires, ainsi que de films et, encore de nos jours, son souvenir est resté bien vivant, et est même devenu un argument touristique. Toutefois, la mémoire, soit la présence sélective d’éléments du passé dans une société, n’est pas l’histoire et si ce personnage est plutôt bien vu pour beaucoup, cela ne doit pas empêcher d’expliquer d’un œil neutre son parcours.
Il est né en 1720 à Rome, d’un père déjà prétendant au trône et vivant en exil. La famille des Stuart, catholique, est alors bien reçue dans les États du pape, après avoir un temps vécu en France, à Saint-Germain-en-Laye. Indésirable au pays des Bourbons après la fin des guerres louis-quatorziennes, elle est par la suite partie en Italie. Elle y maintient une petite cour et ses partisans y exercent une certaine influence sur leurs compatriotes installés à l’étranger, notamment via le marché de l’art. Toutefois, l’échec d’une restauration en 1715 a douché bien des espoirs et le « vieux prétendant » (The old Pretender) s’enferme dans une forme d’inaction. Le personnage dont on parle est son fils. Il grandit en Italie où son père réside. Il se révèle vite intelligent, fin, très énergique, mais aussi fougueux et prompt à la colère, ce qui n’est pas bien vu, surtout à l’époque, pour un futur souverain, fût-il fils de prétendant dépossédé de ses États.

B) Une première tentative de départ en Écosse
Toutefois, il a une grande espérance en l’avenir, surtout que son géniteur est âgé et peu à même de se lancer dans des projets aventureux. Or, ces rêves de gloire connaissent un début d’exécution dès 1744. Charles-Édouard a 24 ans et sa jeunesse coïncide avec un grand conflit européen : la guerre de succession d’Autriche. La présentation de celle-ci dépassant le cadre précis de cette étude, on se contentera de rappeler qu’elle voit plusieurs candidats se disputer le trône des Habsbourg et, appuyant les prétentions des uns ou des autres, les grandes puissances européennes interviennent. Là encore entrent en considération leurs divisions autres et, une nouvelle fois, la France se retrouve opposée à plusieurs autres États, notamment celui qu’on appelle la Grande-Bretagne depuis 1707. C’est à ce moment que des partisans des Stuart, qu’on nomme les Jacobites, car le nom en latin du roi Jacques II exilé en 1688 est « Jacobus », proposent à Louis XV une nouvelle tentative de rétablissement de la famille à Londres.
Si Louis XIV avait officiellement renoncé à la solution Stuart en 1713 (traité d’Utrecht), l’occasion est trop belle, en pleine guerre, d’affaiblir la Grande-Bretagne en suscitant une révolte sur ses arrières. Sur le papier, l’expédition est sérieuse : 10.000 hommes sont rassemblés dans le Nord pour un embarquement à Dunkerque avec Charles-Édouard, qui accourt de la Ville Éternelle. La France prévoit de débarquer en Écosse et de l’y soutenir. Toutefois, une violente tempête disperse au printemps 1744 la flotte qui devait le conduire sur les rivages de ses ancêtres. Chose pareille est courante à l’époque de la marine à voile et empêche là ces projets d’être réalisés. Après cet échec, les Français se détournent des grands projets en direction de l’Écosse. À cela plusieurs raisons : la guerre dans les Flandres, front principal, prime sur le reste. De plus, les milieux dirigeants jugent finalement que, dans les îles britanniques mêmes, le désir de voir les Stuart revenir est peu développé, ce qui est vrai pour l’Angleterre.
C) Le lancement d’une expédition
Pour autant, Charles-Édouard ne se décourage pas. Il obtient le soutien financier de quelques personnes influentes dont le banquier MacDonald, exerçant à Paris et d’origine écossaise. Avec difficulté, il parvient donc à rassembler quelques centaines d’hommes, les armer et les embarquer sur deux vieux navires rachetés et réparés pour la circonstance. Ainsi, le 8 juillet 1745, il embarque à Paimboeuf, dans la région nantaise, sans réel soutien de Versailles. ll se dirige vers la terre de ses ancêtres quittée bien longtemps avant ! Or, très vite, la Royal Navy, qui exerce un contrôle très étroit sur les côtes françaises pendant une bonne partie du XVIIIe siècle, décèle les deux navires et ouvre le feu sur eux. L’un deux doit repartir s’abriter à Brest, mais le prince, à bord de l’autre, la frégate Du Teillay, décide de forcer la chance et de continuer sa route. C’est un succès car il parvient à échapper à la marine ennemie et débarque le 28 juillet en Écosse, sur une des nombreuses îles de la côte occidentale.
Le moins que l’on puisse dire est que son arrivée ne suscite tout d’abord par l’enthousiaste qu’il escomptait. Il est plutôt bien reçu, mais les chefs de clans craignent de se lancer dans une aventure très risquée, surtout sans le soutien des troupes de Louis XV. L’échec de 1715 reste également en tête, et les répressions l’ayant suivi. Finalement, il faut la fougue de la jeunesse des proches du chieftain du clan MacDonald de Clanranald pour emporter la décision : il est acclamé et, à partir de ce moment, les ralliements à sa cause se succèdent. Les chefs suivent à leur tour et la nouvelle se répand : jour après jour des centaines de highlanders se joignent à ses forces naissances.
II) Des débuts prometteurs
A) Une Écosse peu défendue
Alors que la frégate repart pour la France y chercher du secours supplémentaire, le Stuart a pu rassembler autour de lui 3000 hommes à la mi-août 1745, c’est-à-dire assez rapidement. Une petite troupe loyaliste qui venait s’interposer est rapidement défaite et, dans la vallée de Glenfinnan, est solennellement lue la proclamation du père de Charles-Édouard qui fait de lui le régent : on l’a dit, le géniteur, plus âgé et enclin à la dépression n’est pas du voyage. Ensuite, Charles-Édouard se fend d’un discours très apprécié, sur fond de déploiement de l’étendard royal, et l’insurrection débute vraiment.
L’une des grandes chances de Bonnie Prince Charlie est d’avoir tenté de reprendre le trône en pleine guerre de succession d’Autriche. De ce fait, la plupart des troupes britanniques sont positionnées hors des îles, soit en Flandre et en Allemagne, ou au sud de l’Angleterre par crainte d’un débarquement français (qui n’eut jamais lieu). Il peut donc rassembler ses forces, marcher sur Perth et faire fuir devant lui le général Cope, à la tête des troupes gouvernementales. Le moral est au beau fixe, les forces nombreuses et c’est là que Charles-Édouard reçoit son surnom. Bien que tous les clans ne se soient pas ralliés et que la majorité des habitants des basses-terres proches de l’Angleterre (Lowlands) ne se soient pas non plus prononcés pour lui, il parvient tout de même à entrer par surprise à Édimbourg le 15 septembre. Les troupes britanniques se sont débandées, même si une partie tient toujours la citadelle de la ville, alors que le prince voit les ralliements se multiplier après cette victoire. Il prend possession du château ancestral de Holyrood où, encore aujourd’hui, quelques salles rappellent son passage.
B) Rester en Écosse ou passer en Angleterre ?
Après ce succès, les conseillers du prince se divisent : que faire ? Rester en Écosse et y fortifier les positions conquises, prélude à une nouvelle indépendance de l’ancien royaume ? Ou foncer vers l’Angleterre en profitant de la désorganisation générale, et gagner Londres pour en chasser les Hanovre honnis ? Là, il faut rappeler que, malgré leur origine écossaise, les Stuart s’étaient rapidement anglicisés après leur arrivée sur le trône d’Angleterre (1603, union des couronnes) puis de Grande-Bretagne (1707 : Acte d’Union)… Outre ces différences culturelles, revenir à la tête d’une Écosse seule aurait été une forme de renoncement à une bonne partie de l’héritage dynastique revendiqué. On voit pourtant que Charles-Édouard s’est servi de son ascendance pour sa tentative, lui qui joue aussi d’éléments vestimentaires comme le tartan.
Ces divisions, toutefois, cèdent d’abord le pas aux nécessités du quotidien : il faut rassurer la population, continuer d’organiser les troupes ralliées et contenir les chefs de clan pas toujours d’accord. Le moins qu’on puisse dire est que Bonnie Prince Charlie réussit plutôt bien l’exercice. Il fait de nombreuses annonces se rapportant aux lois et aux taxes (certaines imposées par Londres vont être abolies, promet-il) qui le rendent populaire. De plus, ses forces parviennent à écraser les soldats de Cope, enfin venu à sa rencontre à la fin du mois de septembre. Le choc a lieu à Prestonpans, le 21, à quelques kilomètres d’Édimbourg, et est une brillante victoire jacobite. Le général britannique y laisse armes et bagages, ainsi qu’un millier de prisonniers. Sa réputation de lâche et de fuyard était désormais faite, colportée par la chanson Hey, Johnnie Cope, Are Ye Waking Yet?
C) La marche triomphale vers le sud
La victoire de Prestonpans donne un élan à Bonnie Prince Charlie et à ses troupes, l’élan nécessaire pour se porter vers le sud. Son effet est renforcé par l’arrivée d’un diplomate français, le marquis d’Eguilles, apportant avec lui quelques armes et de l’argent, mais surtout de belles paroles. Charles-Édouard ne peut pas le savoir, mais la cour de Versailles ne lui est pas acquise totalement, loin de là. Le roi hésite quant à la conduite à tenir mais veut ne négliger aucune piste, ce qui explique cette présence. En revanche, on ne revit pas, durant la tentative du Stuart, d’engagement français massif. Il n’y eut par exemple pas d’essai réussi de débarquement en force de la part des Français. Reste que le prince voulut croire en cette aide jusqu’à la fin et l’aristocrate arrive là au bon moment. Cet ensemble d’événements et de soutiens réels ou supposés explique que la descente sur Londres soit finalement décidée, pour tenter d’emporter la décision.
D’ailleurs, le Stuart ne semble ne pas avoir besoin de l’aide de Louis XV pour l’instant. Après avoir franchi la frontière entre Écosse et Angleterre le 8 novembre 1745, sa marche vers Londres de son armée ressemble à une promenade de santé et un succès annoncé ! Ainsi, en trois semaines, ses forces abattent 450 kilomètres et réussissent assez habilement à berner les troupes ennemies dirigées par Wade et Cumberland. On l’a dit, l’armée royale est surtout déployée sur le continent et doit rassembler ses unités face au prétendant. Finalement, malgré des dissensions entre chefs écossais, la partie semble bel et bien gagnée : le 2 décembre, Derby est atteinte, à un peu plus de 200 kilomètres de la capitale, où, d’ailleurs, on s’affole.
III) Des succès au désastre
A) Coup d’arrêt au nord de Londres et retraite
C’est là que le sort devient contraire au prétendant. Non seulement il n’a pas écrasé, mais plutôt évité, les troupes de George II, mais, de plus, ses hommes commencent à exprimer leur mécontentement. En effet, le gros de son armée est constitué de montagnards des Highlands qui se sentent étrangers à cette haute politique et surtout loin de chez eux. Alors que l’hiver bat son plein, ils craignent pour leurs familles et possessions laissées loin derrière, dans les hautes terres d’Écosse. La situation est critique pour Bonnie Prince Charlie car il ne peut évidemment rien seul, et la population anglaise n’a pas été transportée de joie sur son chemin ni ne s’est ralliée en masse. Il n’est d’ailleurs pas sûr que la catholicité des Stuart ait milité en leur faveur en Écosse s’ils avaient pu reprendre le trône…
Finalement, après des discussions très houleuses à la tête de l’édifice, Charles-Édouard décide de revenir en Écosse plutôt que de rester seul et d’être vaincu dans un environnement hostile ; au même moment, des manœuvres curiales versaillaises font échouer les préparatifs d’une expédition de secours organisée depuis Dunkerque… Les historiens lus semblent penser qu’une prise de Londres était réalisable, les troupes britanniques étant encore peu nombreuses, mais qu’un maintien ultérieur n’aurait sans doute pas fonctionné. C’est évidemment impossible de le savoir. Pour l’heure, l’ordre de retraite vers l’Écosse ne signifie pas la débandade de l’armée de Charles-Édouard Stuart. Ses troupes se retirent en bon ordre vers le Nord et parviennent à vaincre les ennemis rencontrés sur la route.
Mieux, après s’être regroupé à Perth avec ses hommes, il reçoit des renforts des Highlands, ainsi que le concours d‘une petite troupe française finalement venue, même s’il on a vu précédemment qu’une expédition nombreuse et en règle avait été abandonnée. Voilà pourquoi Bonnie Prince Charlie reprend espoir : il réorganise ses effectifs et déloge ensuite une force ennemie de Falkirk début janvier 1746. À partir de là, la fortune change toutefois de camp. Comme prévu, les montagnards regagnent leurs habitations en attendant le printemps, et les troupes gouvernementales réagissent. Leur nouveau commandant, Hawley, n’est pas très diplomate et se révèle vantard, mais cela ne l’empêche pas de faire occuper rigoureusement les terres qu’il reconquiert peu à peu, pour s’assurer de leur contrôle et surveiller des habitants souvent hostiles. Passé l’effroi de l’été précédent, le gouvernement de Londres s’est repris et des soldats prennent le chemin du nord.
B) La bataille de Culloden et ses conséquences
Cela oblige les Jacobites à se tourner vers une poursuite des hostilités sous la forme d’une guérilla, ou « petite guerre » comme on dit à l’époque. La disproportion de moyens se fait de plus en plus criante à mesure que les troupes gouvernementales se renforcent et quadrillent le sud de l’Écosse. Le chef Stuart décide donc de se retirer très au nord, dans la région d’Inverness, pour s’y retrancher et attendre de l’aide venue de France. Or, on l’a dit, celle-ci est fluctuante et soumise aux lois de la guerre sur mer : un vaisseau français, le Prince Charles, porteur de secours est ainsi capturé par la Royal Navy. L’argent et le ravitaillement venant à manquer, Charles-Édouard fait la sourde oreille aux conseils de ses proches, qui lui suggèrent d’attendre l’été et le retour des Highlanders.
Il prend à la place la décision de se découvrir et d’affronter son ennemi dans une bataille rangée, preuve, peut-être que sa mue écossaise n’était pas totale. La rencontre a lieu sur la lande de Culloden, proche de la ville d’Inverness, et est un désastre complet. Les jacobites, mal nourris et manquant d’équipement, se retrouvent de plus deux fois moins nombreux que les 9000 adversaires. Le résultat est sans appel : fauchés par l’artillerie, les feux d’infanterie bien coordonnés et bloqués par des rangées de baïonnettes, ils tombent par centaines, sans que le décompte total des pertes soit encore connu à l’heure actuelle. Leur ardeur guerrière, réelle, a buté sur une meilleure organisation militaire. C’en est fini des espoirs de restauration des Stuart, et Charles-Édouard prend la fuite.
C) La fuite du prince
La fuite du Stuart a tout de romanesque et a été vue comme telle dès l’époque, et même comme plus philosophique, symbolisant la lutte de l’homme contre le destin. Rarement personnage aura autant été scruté. Voltaire et Diderot écrivent alors de belles pages à son sujet, avant qu’il n’inspire des chansons comme Skye boat song. Avant cela, sorti du champ de bataille de Culloden par quelques fidèles, il se lance vers la côte, poursuivi par les troupes gouvernementales. Il franchit tour à tour, et courageusement, des landes, vallées et îles, souvent aidé. Dormant plus d’une fois dehors, il mange de manière assez aléatoire, même si certains habitants lui viennent en aide. Il n’est d’ailleurs jamais livré par quiconque, ni repris, bien qu’ayant été talonné de près. Après une errance de plusieurs mois, il est finalement recueilli par la marine française, après plusieurs tentatives infructueuses.
Nouvelle preuve que les côtes britanniques étaient loin d’être inviolables et qui laisse croire à un autre sort possible pour l’expédition, si certains choix avaient été faits plutôt que d’autres ! Toujours est-il que deux navires malouins le récupèrent le 13 septembre, et il peut gagner les côtes de France sans encombre. La suite de sa vie est une succession d’errances et de déceptions. D’abord vu comme un héros, il devient gênant pour Louis XV. Malgré quelques projets français pendant la guerre de Sept Ans, il ne parvient pas à retenter l’aventure, qui aurait été possible. Concentré sur l’idée de l’Angleterre et du trône, il en vient à négliger les possibilités offertes par l’Irlande et même l’Écosse, où la croyance en son retour est forte pendant un certain temps. Finalement, il décède, aigri et très diminué en 1788, suivi en 1807 par son frère Henri, cardinal, sans postérité. Là prenait fin la dynastie déchue des Stuart et l’espoir d’une restauration en leur faveur.
Conclusion
Si la prince conserve sa vie et sa liberté, il n’en est pas de même pour beaucoup d’Écossais. De nombreux chefs impliqués dans le « Quarante-Cinq » (forty-five, nom donné à l’expédition) sont arrêtés et certains mis à mort. Les choses ne cessent pas là et la répression qui s’abat est terrible: des villages entiers sont incendiés, des confiscations de terres et de biens réalisées, des violences sur les populations perpétrées durant des semaines. Plus grave pour la société écossaise: nombre de lois mettent fin à des structures séculaires. La plus importante concernée se trouve être l’organisation clanique traditionnelle : un acte de 1747 retire aux chefs leurs droits de justice et, peu à peu, les liens entre les membres des clans se distendent jusqu’à rompre bien souvent, car c’était là la base de leur pouvoir. De plus, les tartans et les armes sont bannis pendant trente ans, ainsi que la cornemuse, ce qui est symboliquement très fort.
À long terme, beaucoup de choses sont déstructurées : l’usage du gaélique recule dans les hautes terres, le contrôle militaire sur la région et notamment les Highlands est renforcé (des routes militaires avaient été construites dès avant 1745 d’ailleurs). L’Écosse d’aujourd’hui a pu retrouver une partie de ses racines, mais souvent après une entreprise de réappropriation culturelle menée aux XIXe et XXe siècles, et qui n’est pas sans avoir une vision fantasmée du passé, mêlant Highlands et Lowlands (il n’y a ainsi pas de cornemuses à Édimbourg avant le XIXe siècle), réalité et perception de celle-ci. Aujourd’hui, le prince apparaît ainsi souvent comme un héros écossais anti-anglais, alors qu’il avait bien cherché à reprendre le pouvoir à Londres…
Bibliographie indicative
- DUCHEIN Michel, Histoire de l’Écosse. Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2013, 797 p.
- McLYNN Frank, Bonnie Prince Charlie : Charles Edward Stuart, Londres, Pimlico, 2003, 656 p.
